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Témoignages
S’essayer à l’humanitaire...
Nous voilà… deux petites occidentales, en Inde. Après la capitale, le stress, le monde, le bruit, on débarque dans la « Holy city ».
Sur la route de Calcutta, nous faisons escale à Bénarès.
Arrivées à l’aube, assommées par la chaleur, les cahotements du rickshaw et une semaine passée à Delhi, M. Ashok nous accueille dans la Sun View Guest House : « No problem ! Everything is possible in India ! » La preuve: chambre avec terrasse et vue sur le Gange. Deux chaises nous attendaient après une nuit passée à essayer de trouver une position confortable dans le train.

L’humanitaire, je ne sais pas si vous avez testé, nous on a essayé.
C’est ce que l’on aimerait vous raconter, en quelques mots.
Nous étions parties en Inde avec la « noble » idée d’intégrer l’association de Mère Térésa, à Calcutta. Quelques jours à Bénarès, le calme avant la tempête. Les choses ne se passent jamais « comme prévu », surtout en Inde…

Deux gars, deux ONG, buvant un Tchay au coin de la rue. Ils cherchent des volontaires…
Saisir les occasions…

Le lendemain matin, on se présente dans une petite école… Des enfants des bidonvilles… heureux de vivre, heureux d’apprendre le hindi, l’anglais, les maths, le yoga. Déroutant…
Ils sont enthousiastes…on en oublierait presque que certains d’entre eux ont été violés et que tous sont démunis, livrés à eux-mêmes.
Ces enfants nous ont accueillis comme les indiens accueillent les touristes… « Namaste madam ! », un classique.

Puiser l’eau pour qu’ils puissent se laver, faire la cuisine pour le repas du midi, rassurer les plus jeunes pour qui les études, c’est encore un peu abstrait… voilà les tâches qui nous étaient destinées pour que dans cette école au cœur d’un bidonville, ils oublient d’être adultes et redeviennent des enfants. Jouer, apprendre, faire confiance. Un lieu où la réalité de la rue se laisse oublier pour quelques heures.

Enfin tout ça, ce sont des choses qui vous font réfléchir…
On a été un peu dépassées par l’humanité et la force de ces lieux.
On a continué à travailler dans l’école, à discuter avec ceux qui gèrent ce genre de microcosmes…
Quand on voit Josh, se battre pour ces enfants, leur offrir éducation, logement et moyen de subsistance et peut-être la clé de leur autonomie future, on se dit que tout ça, ça sert !
En faire parti, c’est apporter une aide, minime certes, mais concrète !

Voilà, ça c’est ce que l’on a trouvé dans un premier temps. Observer, ne pas forcément comprendre, mais agir.

La suite, c’est encore une rencontre, Siou.
Une femme, la cinquantaine ….
Elle nous raconte avoir travaillé en France toute sa vie, et puis, un jour, elle a décidé de partir, « là-bas », sa fille passait des vacances en Inde, elle l’y a rejoint, elle y est restée.

Quand nous l’avons rencontrée, Elle travaillait pour trois assos. Aujourd’hui, elle travaille pour la sienne, Bénarès Amitié.
En femme de terrain, elle prodigue soins, soutien et affection.
A des femmes brûlées par la belle-famille, par exemple. Difficile à admettre mais ces femmes sont brûlées parce que la dot du mariage est insuffisante.

Siou nous raconte avoir passé les moments les plus intenses de sa vie auprès d’elles dans les Hôpitaux : « Elles souffrent mais ont l’air si soulagées de se sentir considérées. »
Avec Bénarès Amitié, elle assure la prise en charge médicale des indiens les plus démunis: habitants des bidonvilles et sans logis.

Oui, Siou vogue à droite et à gauche. Elle cherche des fonds pour soigner les enfants blessés, pour ouvrir des dispensaires et permettre aux plus pauvres de se soigner.

Siou, vit et agit, là-bas, en Inde. Elle se bat, au jour le jour, pour faire bouger les choses.

C’est assez troublant de voir des personnes comme Josh ou Siou, au début, on les prend pour des « Don Quichotte ».

Après avoir partagé deux mois avec eux, on comprend.
Ils s’impliquent et parfois, ils y arrivent, et ça redonne espoir.

Nous avons compris là-bas, que certaines personnes ont une force qui déplace les montagnes. Actifs. Ils réagissent et ne laissent pas le monde décider de ce qu’ils doivent faire.
Ils veulent faire naître l’espoir, et, le plus étonnant, c’est qu’ils y arrivent.

On est sûre d’une chose, ce que ces gens font là-bas, ça vaut le coup d’y croire.
Nous faisons maintenant partie de Bénarès Amitié.
Dans un mois on y retourne.

Faites y un saut si vous en avez l’occasion, sinon, il y a d’autres moyens d’aider…
les fonds manquent toujours.


Stephanie Bee
Daniela Levy
© Benares Amitié 2017